Guide · Après le décès

Décès d'un proche : quel congé, et comment traverser les premières semaines ?

Durée du congé selon le lien de parenté, démarches qui peuvent attendre, façons d'accompagner une personne endeuillée et lieux d'écoute fiables, en octobre 2026.

défiler
Guide pratique · mis à jour le 19 octobre 2026

Les jours d'après demandent surtout du temps

Quelques jours de congé, un dossier à classer, des appels à passer, puis un silence difficile quand tout le monde est reparti. Ce guide rassemble ce qu'il faut savoir pour souffler sans perdre de droits : la durée des congés pour décès en vigueur en 2026, ce qui est urgent et ce qui ne l'est pas, quelques repères pour accompagner un proche, et des adresses d'écoute dont l'existence est vérifiée.

Combien de jours de congé après un décès ?

L'article L3142-1 du Code du travail ouvre à tout salarié, sans condition d'ancienneté, un congé pour le décès d'un proche, sur justification. L'article L3142-4 (version en vigueur depuis le 14 juin 2026) fixe un minimum, que la convention collective ou l'accord d'entreprise peut dépasser. Ces jours sont des jours ouvrables.

Proche décédéMinimum légal
Conjoint, partenaire de Pacs, concubin3 jours
Père, mère, beau-père, belle-mère3 jours
Frère ou sœur3 jours
Enfant12 jours ; 14 jours s'il avait moins de 25 ans ou était lui-même parent
Autre membre de la famille (grand-parent, beau-frère, belle-sœur…)Aucun jour légal ; une convention peut en prévoir (par exemple 1 jour)

Le congé de deuil

Depuis la loi du 8 juin 2020, un salarié qui perd un enfant de moins de 25 ans, ou une personne de moins de 25 ans à sa charge effective et permanente, bénéficie de huit jours supplémentaires. Il peut les fractionner, en deux périodes au maximum pour un salarié, et doit prévenir l'employeur 24 heures avant chaque absence. Le délai pour les prendre est d'un an à compter du décès. Pendant treize semaines après ce décès, l'employeur ne peut pas rompre le contrat, sauf faute grave ou impossibilité de le maintenir pour un motif étranger au décès.

En pratique

Vous informez votre employeur et lui remettez un justificatif, en général l'acte de décès. Le code ne fixe pas de délai, sauf pour le congé de deuil : les jours se prennent autour de l'événement, pas forcément le jour même. Ils sont rémunérés normalement et assimilés à du travail effectif. Si l'employeur refuse, le salarié peut saisir directement le conseil de prud'hommes.

Fonction publique et droit local

Dans la fonction publique d'État, une autorisation d'absence de 3 jours ouvrables est prévue pour le décès d'un conjoint, d'un père ou d'une mère, si le service le permet, et de 2 jours pour un partenaire de Pacs . Le décès d'un enfant ouvre les mêmes droits qu'au privé (12 ou 14 jours, plus 8 jours de congé de deuil). Enfin, en Moselle, le droit local garde un point particulier : l'article L1226-23 maintient le salaire d'un salarié dont le contrat est suspendu pour une cause personnelle indépendante de sa volonté et pour une durée relativement sans importance. Le guide du droit local d'Alsace-Moselle développe ces particularités.

Ce qui presse, ce qui peut attendre

Dans les premiers jours

  • Faire déclarer le décès à la mairie du lieu du décès, dans un délai de 24 heures ; quand une agence organise les obsèques, elle s'en charge.
  • Prévenir l'employeur de la personne décédée et le vôtre.
  • Prévenir les proches, mettre en sécurité le logement (eau, gaz), prendre soin des animaux.
  • Retrouver les volontés du défunt et fixer la cérémonie, avec un devis en main.

Dans les semaines suivantes

  • Les banques. Les comptes individuels sont bloqués au décès. Les frais d'obsèques, de soins et d'impôts peuvent toutefois être payés dans la limite de 5 965 €. Les frais bancaires de clôture sont plafonnés à 1 % du solde, sans dépasser 857 €.
  • Les contrats et abonnements (téléphone, énergie, assurances) : résiliation avec modèles de lettre sur service-public.gouv.fr.
  • La retraite et les prestations : pension de réversion à partir de 55 ans selon les régimes, capital décès, allocation veuvage selon la situation.
  • La succession : la déclaration se dépose dans les 6 mois du décès en France, 12 mois dans les autres cas.
Passerelle métallique au-dessus de l'Albe, entre les arbres, à Sarralbe

Rien de cela ne doit être fait la nuit du décès. Si l'argent manque pour les obsèques, voyez le guide des aides financières. Allô Service Public, service gratuit, peut aussi vous rappeler pour répondre à vos questions sur les démarches après un décès ; il n'a pas accès aux dossiers personnels.

Accompagner un proche endeuillé

Beaucoup de gens se taisent par peur de mal dire. Quelques repères simples aident à faire mieux que se taire :

  • Écrire ou appeler tôt, sans attendre de bonne formule. « Je pense à toi » suffit.
  • Proposer du concret plutôt que « appelle-moi si besoin » : un repas déposé, des courses, un trajet à la mairie, des enfants gardés un après-midi.
  • Écouter sans corriger. Éviter « il ou elle ne souffre plus » ou « il faut aller de l'avant » : ces phrases ferment la conversation.
  • Revenir après les obsèques. C'est souvent là que le vide s'installe. Un message au bout d'un mois, à une date anniversaire, compte beaucoup.
  • Respecter le rythme : il n'y a pas de durée normale pour un deuil.
Deux personnes se tenant les mains en signe de réconfort

Si vous êtes vous-même endeuillé(e), accordez-vous de ne pas tout faire. Dormir, manger, vous faire aider pour les papiers : c'est du soin. Et si la douleur devient écrasante, qu'elle vous empêche de dormir ou de travailler pendant longtemps, parlez-en à votre médecin traitant.

Où trouver de l'écoute et du soutien

  • Empreintes, association spécialisée dans l'accompagnement du deuil : plateforme téléphonique nationale au 01 42 38 08 08 (service gratuit, hors prix de l'appel), ouverte à tout particulier ou professionnel confronté à un deuil. Son site tient aussi un répertoire national de structures par région.
  • Le 3114, numéro national de prévention du suicide, accessible gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. Il s'adresse aux personnes en détresse, à leurs proches et à celles qui sont touchées par un suicide.
  • Mon soutien psy, dispositif de l'Assurance maladie : jusqu'à 12 séances par an avec un psychologue partenaire, à 50 € la séance, pour une souffrance psychique légère à modérée, remboursées à 60 % puis par la complémentaire. En Alsace-Moselle, le régime local porte la prise en charge à 90 %. Les situations de gravité ou de risque suicidaire relèvent du médecin traitant et d'un suivi spécialisé.
  • Votre médecin traitant, premier relais en cas de sommeil perturbé, d'angoisse ou de tristesse qui s'installe.
Sentier bordé d'arbres et d'herbes hautes, en lumière douce

Les numéros ci-dessus ont été vérifiés sur les sites des organismes en octobre 2026 ; les horaires peuvent changer, renseignez-vous avant d'appeler. Notre agence reste joignable à toute heure au 03 87 97 38 70 pour les questions funéraires, et nous pouvons vous aider à trouver une association proche de Sarralbe. Pour fixer une date de recueillement ou rédiger un mot de remerciement, voyez notre guide de l'avis de décès et des remerciements.

Questions fréquentes

Congé et deuil : vos questions

Combien de jours de congé pour le décès d'un parent ?

Le minimum légal est de 3 jours ouvrables pour le décès du père, de la mère, du beau-père ou de la belle-mère. Votre convention collective ou un accord d'entreprise peut prévoir davantage.

Existe-t-il un congé pour le décès d'un grand-parent ?

La loi n'en prévoit pas. Certaines conventions collectives accordent un ou plusieurs jours : vérifiez celle de votre entreprise, ou demandez à votre service des ressources humaines.

Faut-il prendre les jours de congé le jour même du décès ?

Non. Le Code du travail ne fixe pas de délai pour le congé de décès : les jours se prennent autour de l'événement, par exemple au moment des obsèques.

Qu'est-ce que le congé de deuil de 8 jours ?

Il s'ajoute au congé de décès quand le salarié perd un enfant de moins de 25 ans ou une personne de moins de 25 ans à sa charge. Il peut être fractionné et doit être pris dans l'année suivant le décès.

Ces jours sont-ils payés ?

Oui. Ils sont rémunérés comme s'ils avaient été travaillés et ne sont pas déduits des congés payés annuels.

Vous n'êtes pas seul(e)

Une question, une inquiétude, même tard le soir ?

Notre permanence vous répond de jour comme de nuit. Nous pouvons aussi vous orienter vers les bons interlocuteurs pour les démarches qui suivent.

03 87 97 38 70 Estimer le coût