Ce que la loi prévoit pour ne pas porter seul la facture : le compte du défunt, les capitaux de la Sécurité sociale, l’aide de la commune, le contrat obsèques.
Les obsèques se règlent vite, souvent avant que la succession soit ouverte et que les comptes du défunt soient accessibles. La loi prévoit pourtant plusieurs mécanismes pour que la famille ne porte pas seule la dépense : un prélèvement sur le compte bancaire, des capitaux versés par la Sécurité sociale ou la caisse de retraite, une prise en charge par la commune quand les ressources manquent et, parfois, un contrat souscrit de son vivant. Voici ce que disent les fiches de service-public.fr en 2026, avec les montants à jour.
Les frais d’obsèques reviennent en priorité aux héritiers, au titre de l’obligation alimentaire envers les ascendants et les descendants. Cette obligation subsiste même si l’on renonce à la succession. Elle disparaît seulement si le défunt a gravement manqué à ses devoirs envers l’enfant concerné, par exemple par des violences ou un abandon de famille.
Entre héritiers, la dépense se répartit au prorata de la part reçue dans la succession. Celui qui avance l’argent dispose d’un recours contre les autres, et si la succession ne suffit pas, les descendants contribuent selon leurs ressources. Un concubin ou un ami proche qui a payé peut lui aussi demander le remboursement aux héritiers. En cas de désaccord, le juge aux affaires familiales tranche, et une requête simple suffit lorsque la somme réclamée ne dépasse pas 5 000 €.
Dès que la banque est informée du décès, les comptes individuels sont bloqués. La loi prévoit pourtant une exception pour les frais funéraires : on peut obtenir jusqu’à 5 965 €, dans la limite du solde disponible, sur présentation de la facture. Le même plafond couvre aussi les frais de dernière maladie et certains impôts. Les comptes joints, eux, ne sont pas bloqués ; les comptes indivis le sont et se clôturent avec l’accord de tous.
Ce plafond est revalorisé de temps à autre. Les 5 000 € cités sur de nombreux sites reprennent un arrêté de 2015, alors que service-public.fr indique 5 965 € dans ses fiches vérifiées en 2026. Au moment de la demande, vérifiez le montant en vigueur, et demandez à la banque si elle règle directement l’entreprise ou rembourse la personne qui a avancé la somme : la pratique varie d’un établissement à l’autre.
Si le total des comptes reste inférieur à 5 965 €, les héritiers peuvent les clôturer avec une attestation signée de tous, sans acte de notoriété chez le notaire.

| Versement | Qui peut le demander | Montant | Où s’adresser |
|---|---|---|---|
| Capital décès (Sécurité sociale) | Les proches d’un salarié, d’un chômeur indemnisé, d’un titulaire de pension d’invalidité ou de certaines rentes, dans les 3 mois avant le décès | Forfait de 4 009 €, non imposable | CPAM ou MSA, avec le formulaire de demande |
| Capital décès (fonctionnaires) | Les ayants droit d’un agent public | Selon la situation | L’administration employeur |
| Remboursement par l’Assurance retraite | La personne qui a payé les obsèques, héritière ou non | Jusqu’à 2 286,74 €, dans la limite des sommes dues au défunt | La caisse de retraite, avec la facture et l’acte de décès |
| Allocation décès (France Travail) | Le conjoint, partenaire de Pacs ou concubin d’un demandeur d’emploi décédé | 120 fois l’allocation journalière, plus une majoration par enfant à charge | L’agence France Travail du défunt, par courrier dans les 2 ans |
Pour le capital décès de la Sécurité sociale, les bénéficiaires prioritaires, conjoint, enfants puis ascendants vivant à la charge du défunt, disposent d’un mois pour déposer la demande ; ensuite, la démarche reste ouverte aux autres pendant deux ans. Il n’est pas automatique : c’est à vous de le réclamer. Certaines conventions collectives, mutuelles ou contrats de prévoyance prévoient en outre un capital complémentaire, d’où l’intérêt de regarder le dernier bulletin de salaire et les contrats du défunt.

La pension de réversion, ouverte à partir de 55 ans selon les régimes, l’allocation veuvage ou l’allocation logement ne servent pas à payer la cérémonie, mais à garder un revenu stable ensuite. Il n’existe pas de service unique pour prévenir tous les organismes : caisses de retraite, Caf, Assurance maladie, France Travail se préviennent chacune de leur côté.
Si la famille n’a pas de ressources suffisantes, la commune du lieu de décès prend en charge les obsèques. Le maire apprécie cette insuffisance de ressources, et c’est lui qui choisit l’opérateur funéraire : le libre choix de l’entreprise s’efface donc dans ce cas. L’inhumation a lieu en terrain commun, dans un emplacement gratuit accordé pour cinq ans au minimum.
La même règle joue quand personne ne se manifeste pour s’occuper du défunt : le maire doit y pourvoir d’urgence, sans distinction de culte ni de croyance. La commune peut ensuite se faire rembourser sur le compte du défunt, dans la limite de 5 965 €, sur la succession ou auprès des proches tenus à l’obligation alimentaire. Une cérémonie n’est pas obligatoire dans ce cadre, mais certaines communes choisissent de la financer ponctuellement.

Deux familles de contrats coexistent. Le contrat de prestations finance et organise des obsèques décrites à l’avance, avec les volontés du souscripteur. L’assurance obsèques verse un capital, de 2 000 € à 12 000 € selon la DGCCRF, que le bénéficiaire doit consacrer aux funérailles sans qu’il couvre forcément tout le coût. Certaines garanties d’assistance, comme le rapatriement du corps, ne jouent qu’à partir d’une distance donnée, par exemple 50 km du domicile.
Si vous ignorez si votre proche avait souscrit un contrat, l’AGIRA, organisme professionnel de l’assurance, gère un dispositif de recherche des contrats d’assurance sur la vie, obsèques comprises. Pour juger un contrat existant ou en choisir un, lisez notre guide pour comparer et vérifier et la page contrats obsèques.
Les frais d’obsèques se déduisent de la succession dans la limite de 1 500 €. Si la succession ne compte aucun actif pour les payer, la personne tenue à l’obligation alimentaire, un enfant par exemple, peut les déduire de son revenu imposable, comme une pension alimentaire versée à un ascendant. Les frais de monument, de fleurs et de couronnes ne sont déductibles ni de l’un ni de l’autre.
Que vous avanciez la somme seul ou à plusieurs, conservez chaque facture, chaque reçu, et notez qui a payé quoi : ces pièces serviront pour la banque, la caisse de retraite, le notaire, parfois le fisc. Un accord écrit entre héritiers sur la répartition évite bien des malentendus par la suite. Lors du rendez-vous à l’agence, un conseiller vous détaille, sans engagement, les aides qui s’appliquent à votre situation, et le guide du coût des obsèques vous aide à chiffrer ce qu’il faudra avancer.
Besoin d’aide pour avancer les frais ? Un conseiller fait le point avec vous par téléphone : 03 87 97 38 70.
AppelerJusqu’à 5 965 € selon service-public.fr, dans la limite du solde disponible, sur présentation de la facture. Ce plafond couvre aussi les frais de dernière maladie et certains impôts. L’ancien montant de 5 000 € n’est plus celui des fiches actuelles.
Non, il faut le demander à la CPAM ou à la MSA du défunt. Les bénéficiaires prioritaires disposent d’un mois, puis la demande reste possible pendant deux ans. Le montant est un forfait de 4 009 €, quel que soit le salaire.
Oui, si la famille n’a pas de ressources suffisantes ou si personne ne s’en occupe. Le maire choisit alors l’opérateur et l’inhumation a lieu en terrain commun. La commune peut ensuite se faire rembourser sur le compte du défunt, la succession ou les proches tenus à l’obligation alimentaire.
Ils sont déductibles de la succession dans la limite de 1 500 €. Sans actif successoral, un enfant par exemple peut les déduire de son revenu imposable. Les frais de monument, de fleurs et de couronnes ne le sont pas.
Oui pour les ascendants et les descendants du défunt, en raison de l’obligation alimentaire, sauf si le défunt a gravement manqué à ses obligations envers lui. La dépense se répartit entre les héritiers selon leurs parts.
Montants relevés dans les fiches officielles d’octobre 2026. Ils sont revalorisés régulièrement : avant toute demande, contrôlez le chiffre en vigueur auprès de l’organisme concerné (banque, caisse, commune).
Faisons ensemble le tour des aides auxquelles votre famille peut prétendre.